Trop avant dans la nuit… (Alain Robbe-Grillet, Les Gommes)

« …

Celui qui s’est attardé trop avant dans la nuit, souvent ne sait plus à quelle date appartient ce temps douteux où son existence se prolonge ; son cerveau, fatigué par le travail et la veille, essaye en vain de reconstituer la suite des jours : il doit avoir terminé pour demain cet ouvrage commencé hier soir, entre hier et demain il n’y a plus la place du présent. Épuisé tout à fait il se jette enfin sur son lit et s’endort. Plus tard, lorsqu’il s’éveillera, il se retrouvera dans son aujourd’hui naturel.

… »
 

Alain Robbe-Grillet, Les Gommes, chapitre premier – 1
Les Éditions de Minuit, 1973, page 51

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